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3 - L'action des Nations Unies contre la pauvreté

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Une introduction

"L'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme". Ainsi dans la déclaration universelle des droits de l'homme, les Nations Unies, à la suite d'autres institutions régionales et internationales, ont placé l'éradication de la misère au premier rang de leurs ambitions.

Cependant cet objectif a été peu mentionné dans les conventions, traités, programmes qui ont été adoptés ou mis en oeuvre dans les 40 années suivantes. Plusieurs articles de la déclaration universelle et du Pacte pour les droits économiques, sociaux et culturels donnent des points d'appuis utiles à tous ceux qui se battent contre la pauvreté. Il a fallu attendre la fin des années 80 pour que cette question apparaissent clairement dans l'agenda international, aussi bien sur le terrain des droits de l'homme que dans plusieurs conférences internationales.

En 1987, la Commission des droits de l'homme des Nations Unies a été pour la première fois invitée à examiner dans quelle mesure les populations les plus pauvres nous permettent de saisir ce qu'est l'indivisibilité des droits de l'homme, privés comme elles le sont de l'ensemble des droits de l'homme, suite à l'intervention du Père Joseph Wresinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde. Dans les années suivantes, la Commission mit cette question à son agenda à travers ses résolutions et chargea d'abord la Sous-Commission de la protection et de la promotion des droits de l'homme, qui est en quelque sorte, son groupe de réflexion et d'études, d'entamer une étude sur ce thème, en consultation avec les personnes en situation d'extrême pauvreté. Parallèlement, les Etats adoptent à Vienne en 1993, lors de la Conférence mondiale sur les droits de l'homme, une déclaration et un plan d'action qui affirment que l'extrême pauvreté et l'exclusion sociale constituent une violation de la dignité humaine, et où les Etats'engagent à y mettre fin.

En 1995, le Sommet mondial sur le développement social a donné un élan renforcé à la lutte contre la pauvreté, les Etats s'engageant "à oeuvrer au développement social dans le monde entier, de telle sorte que tous, hommes et femmes, en particulier ceux et celles qui vivent dans la pauvreté, puissent exercer les droits, utiliser les ressources et partager les responsabilités qui leur permettent de vivre une vie satisfaisante et de contribuer au bien-être de leur famille, de leur communauté et de l’humanité".

En 1996, Leandro Despouy présente le rapport final de l'étude demandée par la Commission, rapport adopté par consensus par la Sous-Commission. Pour la première fois, l'expérience de personnes en situation de grande pauvreté sert de référence pour l'examen détaillé de l'impact de l'extrême pauvreté, dans toutes les parties du monde, sur l'exercice des droits de l'homme. Sur la base de ce dialogue et de cette analyse, il recommande de prendre pour référence une définition de l'extrême pauvreté qui aille au-delà d'une approche purement monétaire, mais développe le lien entre les droits et les responsabilités. Il invite les Etats à adopter des loi-cadres contre l'extrême pauvreté.

A la suite du rapport Despouy, la Commission des droits de l'homme, décide d'aller de l'avant, nomme un expert indépendant sur les droits de l'homme et l'extrême pauvreté et demande au Haut-Commissariat aux droits de l'homme d'organiser des séminaires pour voir dans quel mesure un nouvel instrument international relatif à l'extrême pauvreté serait nécessaire. Ces séminaires confirment qu'un texte international serait nécessaire.

Parallèlement, en 2000, lors du Sommet du Millénaire, les Etats affirment dans la Déclaration du Millénaire : "Les hommes et les femmes ont le droit de vivre et d’élever leurs enfants dans la dignité, à l’abri de la faim et sans craindre la violence, l’oppression ou l’injustice". Ils réaffirment leur engagement à combattre la pauvreté : "Nous ne ménagerons aucun effort pour délivrer nos semblables – hommes, femmes et enfants – de la misère, phénomène abject et déshumanisant qui touche actuellement plus d’un milliard de personnes. "

Saisie par la Commission des droits de l'homme, la Sous-commission se met au travail pour définir le contenu possible d'un texte international, à savoir des principes directeurs sur la mise en oeuvre des normes des droits de l'homme dans le contexte de la lutte contre la pauvreté. Un groupe de cinq experts de la Sous-commission, venant de différentes parties du monde, entrent en dialogue avec des groupes engagés dans la lutte contre la pauvreté : des séminaires régionaux sont tenus aussi bien dans des pays industrialisés que dans des pays à faibles ressources. Dans plusieurs de ces séminaires, un dialogue direct est noué avec des personnes qui ont l'expérience de la grande pauvreté. En août 2006, la Sous-Commission adopte par consensus le fruit du travail du groupe d'experts. Et quelques semaines plus tard, un groupe de dix pays, reflétant la diversité mondiale, dépose devant le Conseil des droits de l'homme un projet de résolution demandant une large diffusion de ce texte afin de recueillir les avis des différents acteurs concernés, y compris des organisations non-gouvernemnentales "dans lesquelles les personnes en situation d'extrême pauvreté s'expriment".

Le dernier paragraphe des principes directeurs invite les Etats à se saisir du 17 octobre, Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté comme une occasion de renforcer la lutte contre la pauvreté et "une culture de solidarité".

Cette journée, une initiative venue de personnes en situation d'extrême pauvreté en 1987, est devenue en effet au fil des ans un rendez-vous dans des lieux très divers à travers le monde, pour faire silence devant le courage et la résistance des pauvres, leur rendre hommage, et soutenir leurs efforts. C'est un des points forts qui ressort du rapport du Secrétaire Général (A/99/308), publié à la demande de l'Assemblée générale, sur l'analyse des effets de cette journée depuis sa reconnaissance par les Nations Unies en 1992.

En conclusion, on peut notre qu'au fil des ans, la lutte contre la pauvreté a pris une importance croissante dans le système des Nations Unies. Une prise de conscience est née qu'il est indispensable de placer les personnes pauvres au coeur des efforts entrepris pour la réalisation des droits de l'homme pour tous.

United_Nations en anglais facile

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