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Mouvement international ATD Quart Monde Forum permanent sur l’extrême pauvreté dans le monde 107, avenue du Général Leclerc 95480 Pierrelaye (France)


Table Ronde « Extrême pauvreté : le droit international peut-il aider ceux qui se battent contre la misère ? »

Palais des Nations, Genève, 13 juin 2007


L’interrogation posée par le titre de cette table ronde : : « le droit international peut-il aider ceux qui se battent contre la misère ? » appelle d’emblée une autre interrogation : « ceux qui se battent contre la misère peuvent-ils aider le droit international ? »

Au premier abord, il peut paraître évident, voire facile, de répondre à de telles questions. Le droit n’a-t-il pas vocation d’être au « service de la veuve et de l’orphelin» comme le rappelle un dicton populaire bien ancré? Et la situation de ceux qui se trouvent dans l’incapacité de jouir et d’exercer leurs droits fondamentaux n’a-t-elle pas, au fil des ans, fait évoluer le contenu du droit ?

Ce va-et-vient entre les concepts et l’expérience de vie est-il cependant si automatique  ?

Arrêtons-nous sur des extraits d’échanges récents avec des correspondants du réseau « Forum permanent sur l’extrême pauvreté dans le monde ». Ce réseau s’adresse à des personnes et des associations diversement engagées avec des enfants, des jeunes, des adultes vivant dans des conditions d’exclusion sociale et de grande pauvreté. Les correspondants du réseau se trouvent sur tous les continents. Ils échangent leurs réflexions et expériences entre autres par le biais du bulletin « Lettre aux amis du monde ».

- une organisation de défense des droits de l’enfant et de promotion de l’environnement écrit « notre association cherche à réduire la pauvreté en s’occupant de l’éducation, de la santé des déshérités, surtout les enfants en difficultés, les femmes, la protection de leur environnement. » - un journaliste : « la pauvreté n’est pas une fatalité. J’écris des articles dans le cadre de la mise en place de notre document de stratégie pour la réduction de la pauvreté. Je voudrais participer à ces réseaux de discussions pour lutter contre la pauvreté dans mon pays. » - «Dans mon pays, inondation et cyclone se sont succédés. Notre association continue de solliciter la solidarité de pairs ; dans les conditions d’extrême urgence, ce sont toujours les plus démunis qui souffrent le plus » - une association « Cercle espoir » : « Nous allons dans les zones où les droits de l’homme sont plus violés et nous les sensibilisons sur leurs droits. .. les enfants font des travaux difficiles, nous refusons cela à travers des sensibilisations et des pancartes que nous posons dans les zones concernées. Nous cherchons des moyens pour les mettre à l’école, parce qu’ils ont droit à l’éducation, au logement… » - un fonctionnaire des douanes « Je voudrais parallèlement à mes fonctions et avec l’aide d’amis participer à l’aide aux plus démunis. Je voudrais faire partie de votre réseau de personnes et d’associations pour partager et m’enrichir des expériences des autres personnes qui partagent le même idéal. - «nous faisons au sein de notre association un programme de sensibilisation de lutte contre la pauvreté dont le sujet est « faisons la lutte efficace contre la pauvreté ». - «Nous avons de la compassion envers tous ceux qui sont vulnérables. Nous avons avec eux une seule préoccupation : la misère qui caractérise nos familles et nos peuples. Nous serons contents un jour d’être tous autour d’une table pour partager les mêmes préoccupations, c’est-à-dire les représentants d’associations qui partagent les mêmes objectifs pour discuter et échanger sur la misère. » - un mouvement humaniste « la paix » : « Nos objectifs : accorder à chacun une chance égale ; lutter contre la violence et l’analphabétisme des femmes âgées et des jeunes démunis ; construire une bibliothèque « lecture pour tous ».

Ces courts extraits représentent une infime partie des témoignages, récits, réflexions partagés par les correspondants du Forum permanent sur l’extrême pauvreté dans le monde. Pris isolément et à la lumière de la modestie des actions entreprises et des moyens disponibles, ils peuvent passer inaperçus ou être perçus comme des actions louables à un impact limité.

Cependant, ces quelques extraits, même très courts, considérés ensemble consolident les constats énoncés et les propositions avancées par le Sommet mondial sur le développement social de 1995, le rapport Despouy de 1996 « droits de l’homme et extrême pauvreté» les résolutions régulières de la Commission des droits de l’homme et de l’Assemblée générale de l’ONU le projet des Principes directeurs « droits de l’homme et extrême pauvreté » adopté en 2006, et le rapport Sengupta de 2007.

Quels sont ces constats et propositions ? Il n’est pas inutile d’en souligner quelques uns, particulièrement importants : la pauvreté revêt un caractère multidimensionnel ; face à ce caractère multidimensionnel, la mise en œuvre des droits de l’homme dans leur indivisibilité s’impose ; l’expérience et la pensée de ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté sont indispensables pour mener à bien des politiques visant la participation de tous ; l’élimination des formes les plus extrêmes de la pauvreté demande des soutiens aux engagements humains aussi nécessaires que les engagements financiers.

Dans son introduction, le Rapport de Sengupta rappelle que par la résolution 2005/16, la Commission a invité l’expert indépendant à « accorder une attention particulière aux expériences concrètes de participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté aux prises de décisions politiques et aux processus sociaux », et « à continuer de se concentrer sur les divers aspects du lien entre les droits de l’homme et l’extrême pauvreté ».

Pour celles et ceux qui se battent contre la misère, un tel mandat confié à un expert des droits de l’homme représente la confirmation que leur contribution est indispensable. En ce sens, il n’est pas utopique d’affirmer que le droit international peut les aider. Tout en reconnaissant qu’instaurer des mécanismes pour recueillir ces contributions et laisser le droit s’en imprégner demeure un défi permanent. N’avoir jamais fait l’impasse sur ce défi et au contraire de mandat en mandat – jusqu’au projet des principes directeurs – avoir cherché à y faire face, est à l’honneur de la Commission des droits de l’homme et des experts indépendants chargés de faire avancer la compréhension des liens entre droits de l’homme et extrême pauvreté.

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